Gamme Aérogest : logiciel de gestion pour l'aviation

Déclaration EQGZAU3OQ5

Publiée nationalement

Dates

Date de déclaration : 05/01/2019
Dernière modification : 05/01/2019
Date de clôture : 05/01/2019

Descriptif de l'évènement

PRÉPARATION :
Je me suis inscrit sur un site de navigation aéronautique destiné aux PPL qui permet de tracer la trajectoire de vol, d’accéder à, de lire et d’analyser l’ensemble des informations aéronautiques nécessaires à la préparation du vol (MTO, NOTAM, etc).
Le dossier de vol est répliqué sur la version tablette qui propose une fonction GPS Moving Map associées aux données du vol préparé en amont sur l’ordinateur. Je décide d’exploiter ce nouvel outil en préparant un vol entre Toulouse-Lasbordes (LFCL) et Lézignan-Corbières (LFMZ). Alors même que je suis conscient du fait qu’il faut préparer une version « papier » du vol, je fais l’impasse étant focalisé sur l’exploitation de ce nouvel outil.

VOL ALLER :
Cela fonctionne à merveille et permet de suivre son vol de manière précise voire ludique.
A quelques nautiques de la verticale de LFMZ je commence à envisager le chemin du retour. Le temps est beau mais turbulent et j’ai du mal à maintenir la trajectoire tout en explorant l’application sur ma tablette pour chercher la fonction « Inverse » (qui existe sur la version Web). Je décide de me poser à LFMZ afin de faire cette recherche au sol, sans couper le moteur ... pas de fonction « Inverse ». Je prends donc un bout de papier et reporte les caps inverses de ceux indiqués sur le log de l’application ; je n'ai pas de log imprimé et la carte OACI 500.000 est inaccessible (dans mon sac de vol situé dans la soute derrière moi).

VOL RETOUR :
Je décolle direction LFCL avec un log papier des plus indigent qui soit… et je suis sur l’application, aux caps inverses, les traits de Nav de l’Aller.
L’exposition au soleil est trop importante et, peu de temps après le décollage, la tablette en surchauffe se coupe. Heureusement, la visibilité est bonne, je viens de faire le voyage aller et peux donc m’orienter tant bien que mal sur le chemin du retour et je connais quand même la région… Et me voilà, tout en pilotant, en train de refroidir la tablette en la mettant dans le flux de l’aération pour qu'elle redevienne opérante. Je finis par la rallumer et accéder à la fonction GPS Moving Map. Je rallie LFCL où je me pose sans encombre.
Par sympathie et empathie pour moi-même, je ne me traiterai pas ici de tous les noms d’oiseaux dont j’ai pu m’affubler à partir du moment où je me suis rendu compte que l’exploitation de mon nouveau gadget pour le chemin retour allait être compliquée.

Les erreurs ont été les suivantes :
Focalisation sur mon nouveau « joujou » de préparation de Nav. en omettant un principe de base et surtout de bon sens qui consiste à dire que la tablette c’est bien mais que cela ne dispense en rien d’avoir avec soit un back-up papier à la sauce « Old School » : c’est à dire a minima un Log Aller/Retour imprimé et la tracé de la trajectoire Aller et Retour sur la Carte OACI 500.000 avec les indications de Cap et de Temps indiquées sur chaque branche. Et cette même carte correctement pliée et prête à l’emploi sur le siège de droite…
Mais il s’agit là d’une erreur au carré car de tout cela j’en étais bien conscient en amont de la préparation de cette Nav et pour autant je n’ai pas mis en œuvre les principes de base et de bon sens évoqués ci-dessus.

La chance que j’ai eue ce jour-là est qu’il faisait beau et que je connaissais bien la région. Mais les conditions eussent été inverses et la catastrophe pouvait ne pas être loin.

Classification de l'évènement

La déclaration concerne : Sécurité des vols (SV)
Catégorie : Facteurs Humains
Nature du vol : VFR Jour
Conditions météo : CAVOK, chaud, turbulent
Environnement : Non Contrôlé (Classe F, G)
Phase de l'évènement : En route
Type de vol : Navigation
Type d'évènement : Procédures vol
Type d’aéronef : AQUILA-AT01
Equipement : Instrumentation classique (aiguille)

Evaluation du risque

Traitement de l'évènement


Malgré sa formation et ses connaissances, le pilote a perdu de vue les fondamentaux de la préparation d'une navigation. Le logiciel sur tablette est ludique, rapide, précis ... et rassurant, ce qui a conduit le pilote à ignorer des alertes et à ne pas prendre le temps de rattraper son erreur [par exemple, couper le moteur, récupérer la carte et reposer les bases de la navigation avant d'envisager le vol retour]. Il a cependant réussi à gérer sa trajectoire tout en faisant ce qu'il fallait pour retrouver un moyen de suivi de navigation.

D'une manière générale, ces outils modernes sont arrivés dans les cockpits sans réelle (in)formation pour les utilisateurs concernant les dangers auxquels ils pourraient s'exposer (surchauffe et arrêt brutal, manque d'appropriation du vol, focalisation surtout en cas de manque de pratique ...). Les pilotes désireux d'utiliser les tablettes sont encouragés à pratiquer et à s'assurer de bien maîtriser l'outil AVANT de partir en vol.
Enfin, ces logiciels sont utilisables sous la responsabilité du commandant de bord mais ne constituent pas un moyen de navigation primaire : en effet, ils ne répondent pas aux exigences de l'arrêté du 24 juillet 1991 relatif aux conditions d’utilisation des aéronefs civils en aviation générale, ni de la PART-NCO

Actions correctives :
- Néant

Actions préventives :
- Information vers les pilotes sur l'utilisation des tablettes et les dangers associés [voir table ronde du 16/06/2018], notamment :
-- le manque d'appropriation du vol,
-- la perte de la conscience de la situation,
-- la focalisation.
- Information vers les instructeurs pour qu'ils sensibilisent les élèves-pilotes